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C’est peut-être une affirmation clichée que je vous présente aujourd’hui, mais plus je regarde autour de moi, plus elle me semble vraie. Naturelle. De cette évidence que l’on oublie avec les jours qui s’égrènent dans la routine quotidienne.

Je me souviens d’un caissier, au Monoprix du quartier de la Nation à Paris. Si certain(e)s d’entre vous habitent le quartier, vous le connaissez peut-être. Il est noir, les cheveux ras, poivre et sel, entre deux âges. Le visage ouvert et souriant. Il porte des tenues sobres et, toujours, une écharpe colorée. Lorsque vous arrivez à sa caisse, il vous salue de la sorte : « Bonjour et bienvenue à la caisse 10 ». Souvent, il vous demande comment vous allez. Parfois, il discute avec les habitués. J’ignore quelle est la vie de ce caissier, mais j’ai rarement vu quelqu’un pratiquer son métier avec autant d’enthousiasme. Il semble tirer le meilleur de sa situation. Il semble heureux.

À l’inverse, combien d’histoires connaissons-nous de célébrités, de milliardaires ou autres artistes dont la vie extérieure semble parfaite mais qui sombrent dans l’addiction, voire se suicident ?

J’ai pris deux exemples extrêmes à dessein, pour vous montrer cette évidence que nous oublions tous, jour après jour : contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, le bonheur ne vient pas des circonstances extérieures. Le bonheur n’est pas dans la richesse, la popularité, les derniers gadgets à la mode, la taille de la maison ou la réussite d’une carrière. Il n’est ni dans les attentes de la société, ni dans le regard d’autrui.

Pourtant, nous sommes élevé(e)s pour « bien faire ». Être poli(e)s, bien se tenir, obéir, suivre le chemin que l’on nous dicte. Et on promet le bonheur à la clé. Si on fait tout ce qu’on nous dit de faire. Peut-être les émetteurs de cette promesse y croient-ils vraiment. Peut-être veulent-ils nous faire miroiter la satisfaction au bout de leur chemin pour nous inciter à les suivre, au lieu de tailler notre propre route.

Je ne suis pas une adepte de l’ascétisme extrême. Vous n’avez pas besoin de devenir caissier chez Monoprix pour être heureux. Vous pouvez trouver le bonheur tout en gagnant de l’argent, en achetant des gadgets ou en faisant progresser votre carrière. Mais ce ne sont pas ces éléments-là qui vous rendront heureux.

Plus le temps passe, plus j’ai le sentiment que le plus grand obstacle à notre épanouissement, c’est nous-mêmes. Nos peurs, nos limites, notre image de ce dont on est capable ou non, notre méconnaissance de ce qu’on veut vraiment, à force d’avoir toujours fait ce que veulent les autres.

Je n’ai pas de potion magique pour vaincre cet obstacle. Mais je suis de plus en plus persuadée que si nous voulons vraiment être heureux, c’est à l’intérieur de nous-même qu’il faut chercher, et pas dans les objets ou le regard extérieur.