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L’une de mes premières découvertes sur le mouvement de la simplicité était une conférence TED par Graham Hill, fondateur de Life Edited. Il parlait de désencombrer son intérieur et sa vie pour plus d’espace, mais aussi plus de liberté.

Comme je venais de déménager dans un 25m2 à Paris, le concept ne pouvait que me plaire. Mais lorsque j’ai découvert son fameux « life edited appartment », un petit appartement sur New York agencé par un architecte d’intérieur, je me suis vite rendu compte que j’aurais bien du mal à appliquer ses astuces dans mon petit deux-pièces en location qui mangeait la moitié de mon salaire…

La simplicité est-elle un luxe ?

Sur le site de Life Edited, d’autres personnes avaient tiré les mêmes conclusions que moi : pour transformer son chez-soi de la sorte, il faudrait plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ce qui n’empêche pas le message d’être intéressant : possédez moins d’objets, et vous aurez besoin de moins de mètres carrés et de meubles pour les stocker.

Ces commentaires sur le niveau de vie de ces influenceurs de la simplicité sont récurrents : simplifier, cela signifie bien qu’il y a un trop plein, donc une abondance. Ce serait donc bien un problème « de riches ». Et les marques n’aident pas à casser ce mythe en s’engouffrant dans ce nouveau type de « green washing » à la sauce murs blancs et produits naturels luxueux.

Peut-être est-ce vrai. Peut-être ne peut-on se targuer de pratiquer la « simplicité volontaire » que si elle est effectivement volontaire, et non subie par la force des choses d’un manque de moyens. Si l’on prend la question d’un point de vue mondial, je me doute bien que les populations affamées, et/ou exploitées dans les usines qui fabriquent ces objets que nous désencombrons, n’ont que faire de « simplicité volontaire » ou de « minimalisme ».

Mais si nous regardons les sociétés modernes, guidées par le capitalisme, où le citoyen est devenu consommateur, je ne pense pas que la simplicité soit réservée à une infirme portion « riche » de notre population. Je pense que la majorité d’entre nous possédons ces « encombrants » dans un tiroir plein de fatras pour certains (comme moi dans mon petit appartement parisien de l’époque), dans un placard, un garage, une cave ou un grenier pour d’autres.

Je pense que nous sommes tous habitués à surconsommer, à acheter pour combler un besoin émotionnel, à accumuler puis oublier, à jeter au lieu de réparer, à changer ce qui fonctionne encore mais a passé de mode, ou ce qui a été programmé pour se casser. Je pense donc que la simplicité s’adresse à chacun d’entre nous, et que nous avons tous à y gagner, de désencombrer son intérieur, mais aussi son emploi du temps et sa vie pour plus d’espace, plus de liberté et plus de sens.

Je n’ai pas les moyens de mieux consommer

Le mouvement de la simplicité, ce n’est pas seulement désencombrer et plier ses vêtements à la verticale. Pour moi, c’est aussi consommer moins et mieux, remettre les objets à leur juste place et apprendre à se réapproprier son temps.

Mais lorsqu’on parle de mieux consommer, de favoriser la qualité par rapport à la quantité par exemple, un argument qui revient souvent est le manque de moyens : nous pensons que cela coûte plus cher de consommer bio, local, éthique ou éco-responsable. Que c’est un luxe de bobo de se payer un t-shirt « made in France » qui coûte trois fois plus cher que celui de chez H&M.

Au contraire, je pense que simplifier et mieux consommer signifie un retour à la modération, à la prise en compte des milliards de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté et de la limite des ressources de notre planète. Cela s’inscrit dans une démarche qui vise à limiter son empreinte, son impact sur la planète.

Il n’est pas nécessaire d’avoir des revenus mirobolants pour mieux consommer dans notre société. En achetant moins et en choisissant mieux ses produits, je pense que l’on économise de l’argent au global, même si certains achats ponctuels peuvent être plus onéreux. Contrairement à ce que l’on croit, relocaliser nos achats et consommer de manière plus consciente ne coûte pas plus cher. Bea Johnson, pionnière du zéro déchet, estime que son foyer économise jusqu’à 40% par rapport à leur ancien mode de vie. 

S'il existe des produits naturels, artisanaux et de qualité qui sont onéreux, pour moi la simplicité n'est pas de remplacer toutes nos possessions par ce genre d'objets. Au contraire, en consommant de manière plus raisonnée, simplifier allège les factures.

Cet article explique très bien ce concept de consommation alternative, ces gens qui se qualifient de "consomm'acteurs", qui adoptent un mode de vie plus simple et entretiennent un rapport différent à l'achat de leurs produits. Comme vous pourrez le lire, il s'agit d'une démarche, et non de larguer ses produits bon marchés pour des objets écolo-bobo-haut de gamme.

En tout cas, c'est de cette manière que je vois la simplicité et le minimalisme personnellement. Je m'efforce d'être une consommatrice engagée, qui "vote avec mon portefeuille", comme le dit la formule consacrée. Et vous, comment comprenez-vous le mouvement vers une vie plus simple? Votre budget a-t-il déjà été un frein pour vous ?