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Aujourd’hui, je vais vous parler de deux livres de non-fiction que j’ai lus récemment et qui partagent une idée commune intéressante : prendre le temps de cheminer vers soi n’est pas égoïste. Au contraire, il serait nécessaire d’être en phase avec soi-même pour avoir la capacité d’être un soutien pour autrui…

Cessez d’être gentil, soyez vrai

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Auteur : Thomas d’Ansembourg
Date de publication : mai 2013
Genre : Essai/psychologie
Éditeur : les éditions de l’homme

Thomas d’Ansembourg s’intéresse depuis longtemps à la communication non-violente, cette technique de psychologie mise en place par Marshall Rosenberg qui consiste à exprimer ses besoins et ses émotions afin de créer un lien constructif avec autrui au lieu d’entrer dans le conflit.

Cessez d’être gentil, soyez vrai s’inscrit dans cette mouvance, mais sans tomber dans le guide de communication. Dans ce livre, Thomas d’Ansembourg parle de notre conditionnement social qui vise à s’oublier soi-même et taire ses émotions afin de s’intégrer dans la société. Nous pensons que si nous écoutons nos propres besoins, nous sommes égoïstes : nous devons penser aux autres d’abord.

Mais en retour, nous avons cette attente non formulée que c’est aussi aux autres de s’occuper de nos besoins. Or, comment créer un lien si nous attendons des autres qu’ils nous comprennent alors que nous ne nous comprenons même pas nous-mêmes, ainsi coupés de nos besoins et de nos émotions depuis l’enfance ?

Thomas d’Ansembourg propose qu’il est possible, et même souhaitable, de prendre soin de nos propres besoins tout en étant là pour autrui. Cela passe par une reconnexion avec soi-même, une capacité à s’écouter, accepter nos propres émotions comme des signaux d’alarme de besoins non satisfaits, puis de les exprimer sans en faire porter la responsabilité sur autrui (par exemple : « je suis triste », et pas « tu m’as abandonné »).

En étant davantage connectés à nos émotions et nos besoins, nous serions ensuite plus sereins et plus à même d’être à l’écoute de l’autre : une écoute véritable, qui cherche à comprendre l’autre, et non dans un besoin incessant d’être compris et pris en charge par l’autre.

Se changer, changer le monde

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Auteurs : Christophe André, Jon Kabat-Zinn, Pierre Rabhi, Ilios Kotsou, Matthieu Ricard, Caroline Lesire
Date de publication : 6 mars 2015
Genre : Essai / psychologie / sagesse
Éditeur : J’ai lu

Si vous êtes intéressé(e) par la philosophie de la simplicité, de la sagesse et de la sobriété heureuse, vous connaissez probablement certains des co-auteurs de ce livre. Chacun d’entre eux signe l’un des six grands chapitres de ce livre et apportent leur propre vision des choses.

Le concept initial ? Montrer qu’il est nécessaire de se changer soi-même pour être en mesure de changer le monde. Les auteurs réconcilient développement personnel, introspection et chemin vers soi avec la volonté de changement extérieur, de faire sa part dans le monde, de s’ouvrir à l’autre et d’initier un changement à son niveau.

Les auteurs avancent qu’on ne peut pas être présent pour autrui si on n’est pas d’abord en équilibre intérieur avec soi-même. Ainsi, changer le monde commence par se changer soi-même, s’épanouir et montrer l’exemple.

Un thème commun : le besoin de se retrouver pour tendre la main à l’autre

Nous vivons dans une société où l’introspection, le fait de prendre soin de nous-mêmes, d’écouter nos propres besoins, émotions et envies peut être vu comme une démarche égoïste. On croit qu’on peut soit penser à soi, soit penser aux autres, mais qu’il est incompatible de faire les deux.

Lorsque j’ai partagé mon expérience de démission de mon CDI afin de me retrouver moi-même, faire le point sur ce que je voulais vraiment dans la vie, certaines réactions de lecteurs sont allées dans ce sens : quel égoïsme, c’est indécent ! Retourne donc travailler en silence, comme nous tous !

Mais, puis-je vraiment être au service de mes proches et de la société en étant enchaînée à un travail qui ne me convient plus, qui ne répond plus à mes besoins et mes envies profondes ? En ce qui me concerne, avant de sauter le pas, j’avais plutôt tendance à consommer à outrance, que ce soient des objets ou des divertissements, à me plaindre à la maison, et à être si mal que j’étais incapable d’être présente pour mes proches.

Or, nous ne sommes pas des machines, mais des êtres humains. Mettre en sourdine nos besoins, nos émotions, nos envies et nos aspirations ne nous sert en rien, mais cela ne sert en rien les autres non plus. Comment être présent à l’autre lorsque l’on passe tant d’énergie à dénier nos émotions ou à rester dans une vie insatisfaisante parce que nous ne prenons pas le temps de nous écouter ? Heureusement, cette vision des choses est en train de changer.

Ainsi, Cessez d’être gentil, soyez vrai et Se changer, changer le monde proposent tous deux une autre idée : non, il n’est pas égoïste de vouloir trouver sa place dans le monde, se reconnecter avec soi-même et ses besoins. Au contraire, l’énergie que l’on ne passe plus à se mentir, s’oublier ou se créer une identité peut enfin être redirigée vers autrui, vers une écoute active et bienveillante, vers des projets communs, vers des actions collectives.