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Le paradoxe du temps, c'est que nous en avons tous vingt-quatre heures par jour, tous les jours, mais c'est la ressource après laquelle nous courons le plus, et qui semble manquer le plus. Et si la pression du temps pouvait être allégée en changeant notre vision du temps, plutôt qu'en optimisant sans cesse un agenda déjà débordant?

Lorsque j'ai quitté mon emploi salarié il y a près de deux ans, l'une des conséquences que j'attendais avec le plus d'impatience, c'était le fait d'avoir enfin du temps. Je m'étais dit qu'en n'allant plus au bureau dix heures par jour, cinq jours par semaine, j'allais enfin être libre de faire tout ce qui me tenait à cœur. Mais force est de constater, un an et demi plus tard, que je subis toujours autant la pression du temps au quotidien.

La pression du temps ?

Qu'est-ce que j'appelle la pression du temps? C'est, tout simplement, l'impression de ne jamais avoir le temps de rien. De toujours regarder la montre, d'être toujours pressé, d'avoir une liste de tâches qui n'en finit jamais, d'être stressé par la quantité de choses à faire dans une journée si courte,de devoir courir partout, d'être sans cesse en retard...

Le concept vous est-il familier? J'ai l'impression qu'avec l'accélération de la société, nous sommes de plus en plus pressés par le temps, alors que finalement, nous disposons bien de vingt-quatre heures par jour, comme il a toujours été le cas depuis le début de l'humanité...

Un problème de rapport au temps

Si je me sens toujours aussi pressée par le temps, que je sois employée, au chômage ou travailleuse indépendante, au travail comme en vacances, peut-être le problème n'est-il pas (seulement) dans le remplissage de l'agenda, mais aussi et surtout dans la tête. C'est-à-dire dans notre rapport au temps, notre vision du temps.

Je me suis donc demandé, au-delà des questions d'organisation de l'agenda, s'il y avait des choses que l'on pouvait faire dans notre considération du temps et des tâches. Des astuces qui permettraient de lever un peu le stress que l'on se met soi-même dans l'utilisation de notre temps. Voici les quelques pistes de réflexion qui en découlent.

Renoncer et savourer

Le psychiatre Christophe André, qui s'intéresse beaucoup au rapport entre notre bien-être et ce qui se passe dans notre tête, a partagé deux conseils pour réduire la pression que l'on met sur le temps dans une vidéo facebook (dont je n'arrive pas à extraire le lien, malheureusement):

  • La capacité à renoncer : c'est-à-dire, renoncer à tout ce que l'on n'a pas le temps de faire. L'idée rejoint le concept d'humanitude, mais va un peu plus loin je trouve. Là, non seulement il s'agit de prendre conscience et d'accepter que l'on aura jamais le temps de tout faire, et qu'il faut choisir, mais en plus, l'idée est de renoncer consciemment à certaines choses. Au lieu de déplorer le manque de temps, on choisit de mettre certaines choses de côté de manière à ensuite savourer ce qu'on a choisi de garder dans nos vingt-quatre heures par jour.
  • La capacité à savourer : souvent, on passe le temps présent à se projeter dans la tâche suivante ou à penser au passé, au lieu d'être vraiment dans le moment et de savourer ce que l'on est en train de faire. Savourer, c'est consacrer notre esprit et notre attention à ce qui est là maintenant.

Faire une chose à la fois, et la faire pleinement

Combien d'entre nous gardons un œil sur les réseaux sociaux pendant qu'on est en train de travailler? Ou un œil sur nos mails de travail pendant qu'on passe une après-midi en famille? Ou à lire un article sur le téléphone en regardant une série? D'après ce que j'ai pu lire sur le sujet, le multitâches serait impossible pour notre cerveau : il passe très rapidement d'une tâche à l'autre, et ne profite d'aucune des deux.

Du coup, une des techniques que j'applique pour faire baisser la pression du temps, c'est de définir des plages horaires claires pour le travail, la détente, la famille, et de m'y consacrer pleinement. Donc, quand je suis en train de travailler, je coupe les distractions et je me consacre pleinement à mon travail pour une productivité optimale. Ensuite, quand c'est le moment de la pause, je profite de ce moment de repos sans culpabiliser puisque j'ai bien travaillé. En tout cas, c'est ce que je m'efforce de faire au quotidien, et je vous invite à le tester à votre tour.

Reprendre le contrôle sur notre temps

Je me demande si la pression du temps n'est pas liée à l'impression de ne pas contrôler ce qu'on en fait. On se laisse distraire par les réseaux sociaux, on y perd du temps, puis on se met en retard et on court après le temps. C'est un exemple parmi d'autres, mais demandez-vous : dans quelle mesure décidez-vous vraiment ce que vous faites de votre temps au quotidien? Avez-vous choisi consciemment de passer quatre heures par soir devant la télé, ou autant de temps dans la journée le nez dans le téléphone?

Peut-être que si on choisit consciemment ce qu'on fait de notre temps, et qu'on s'y tient, sans faire plusieurs choses à la fois, alors la pression diminue. Parce qu'on a décidé de consacrer du temps à cette tâche-là et pas une autre. Parce qu'on a priorisé, on a sélectionné cette activité-là. Cela peut s'appliquer à des tâches moins agréables comme des missions au travail ou des tâches ménagères, mais aussi aux moments de loisirs dont on peut profiter pleinement sans se mettre la pression sur tout ce qu'il y a à faire après.

Et c'est peut-être aussi le moyen d'accepter que parfois, on est fatigué, malade ou d'humeur un peu triste. Et dans ces situations, on a le droit d'être moins performant, de sélectionner les urgences à compléter, puis de passer la soirée dans le canapé, devant une série soigneusement choisie pour l'occasion...

Pour réduire la pression du temps, acceptez les circonstances de la vie, renoncez activement, priorisez et savourez. En d'autres termes, ne subissez plus votre emploi du temps, mais reprenez le contrôle et choisissez de vous consacrer à fond à chaque moment que vous passez, des tâches pénibles aux moments de plaisir.

La pression du temps dans les bulles nomades

Cette semaine encore, j'ai testé le concept de parler du même sujet à l'écrit et à l'oral. J'aborde le même thème d'une manière un peu différente dans la Bulle Nomade 39, si vous aimez le format podcast. Je ne ferai pas un podcast "compagnon" à chaque article de la Nife, mais en ce moment je teste le concept. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, d'ailleurs ;)

Listen to "Bulles Nomades" on Spreaker.

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Et vous, ressentez-vous la pression du temps dans votre quotidien? Avez-vous développé des idées ou des techniques pour ralentir un peu et vivre de manière un peu plus sereine? Si vous avez des astuces à partager, je serais ravie de les lire et de les appliquer à mon quotidien...