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Depuis quelques semaines, je suis plongée dans la lecture d’un ouvrage qui rassemble des témoignages de personnes qui vivent la simplicité volontaire. Le bonheur et la quête de sens reviennent souvent, soit comme moteur, soit comme conséquence de leurs choix de vie.

Malgré la diversité des parcours et des sensibilités rassemblés dans ce livre, j’ai remarqué un point commun qui se dégage des différents témoignages : ces gens disent se sentir plus heureux et accomplis parce qu’ils vivent en cohérence avec leurs valeurs et leurs convictions.

Qu’est-ce que vivre en cohérence ?

Vivre en cohérence (avec soi-même, ses valeurs etc.), c’est tout simplement faire en sorte que vos pensées, vos paroles et vos actions soient alignées. En d’autres termes, votre cœur porte des valeurs, des aspirations ou encore des convictions, et l’idée va être de trouver des moyens pour faire des choix de vie, petits ou grands, qui sont en accord avec celles-ci.

Je suis en train de vous dire que vous êtes plus heureux si vous vivez en accord avec votre éthique personnelle, en gros. Et vous pensez peut-être que j’enfonce une porte ouverte : évidemment qu’on se sent mieux quand on vit comme on le sent.

Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? Contrairement à ce que l’on peut croire, je pense que beaucoup de personnes sont face à un écart, plus ou moins grand, entre leurs convictions et leurs actions. Et je pense qu’il y a plusieurs facteurs à prendre en compte dans cette dissonance.

D’abord, quelles sont vos valeurs ?

Cela peut paraître étrange de poser la question : après tout, vous vous connaissez, non ? Oui, mais ce n’est pas si simple. En réalité, nous sommes influencés par les valeurs portées par la société et par l’environnement dans lequel on vit.

Dans le monde du développement personnel, il est souvent dit qu’on est la moyenne des cinq personnes que nous fréquentons le plus. Je ne sais pas si la réalité est si tranchée, mais notre vision du monde, notre jauge de valeurs, d’éthique et de conscience est liée au monde dans lequel on baigne.

Pour prendre un exemple extrême, je pense qu’un homme blanc d’il y a trois cents ans, ou un citoyen romain d’il y a deux mille ans, ne voit pas de problème à réduire un être humain à l’esclavage, alors que les valeurs portées par notre culture d’aujourd’hui font que nous sommes maintenant outrés par cette idée. (Enfin, la plupart d’entre nous en tout cas…)

Pour revenir à des exemples moins caricaturaux, la société nous dit ce qui est normal et ce qui ne l’est pas, ce en quoi nous devons croire, ce à quoi nous devrions aspirer.

Dans la culture où j’ai été élevée, j’ai été baignée dans l’idée que de faire de grandes études et obtenir un bon travail salarié allait apporter le bonheur, par exemple. Ou encore que l’accumulation d’argent et d’objets était un symbole de réussite et un état auquel il fallait aspirer. Que la consommation est une bonne chose pour l’économie. Certains Américains prennent même la consommation comme un devoir citoyen pour faire tourner l’économie !

À l’inverse, peu d’accent est mis sur les dangers écologiques de la surproduction, sur l’aliénation que peut entraîner le travail ou encore sur la souffrance animale dans les grandes exploitations de bétail. Comment alors savoir, dans tout ce qui vous est dit de croire et de faire, si cela correspond bien à vos valeurs à vous, ou pas ?

C’est là que le bonheur vient à faire défaut : lorsque vous suivez une voie tracée par d’autres en fonction de valeurs et convictions qui, au fond, ne vous correspondent pas. Vous ne vivez pas en cohérence avec vous-même, et cela rend malheureux.

Comment vivre en cohérence ?

Si la tâche était simple, nous serions probablement tous beaucoup plus heureux dans nos vies. Je n’ai pas de recette miracle à vous apporter, juste des pistes de réflexion qui me font gamberger, et avancer.

Écoutez-vous : de l’introspection

Tout d’abord, apprenez à vous connaître. Socrate a dit « Connais-toi toi-même ». Parce que c’est ainsi que vous allez ouvrir votre intuition et votre cœur à vos valeurs propres, vos aspirations, vos priorités, vos convictions.

Avec un peu (ou beaucoup) d’introspection, peut-être que vous découvrirez que votre priorité, c’est votre famille et vos enfants, malgré les injonctions de la société que nous devons « travailler plus pour gagner plus ». Peut-être que vous découvrirez que la vie urbaine n’est pas faite pour vous, que vous aspirez à un métier manuel sans jamais oser le faire, parce que notre société les dévalorise. Ou peut-être que votre vie vous convient déjà dans ses grandes lignes, mais que les monticules de déchets que vous générez chaque semaine vous sont insupportables.

Cette étape d’introspection est la plus difficile : le cerveau n’aime pas le changement, et il a peur de sortir de sa zone de confort. Si vous prenez conscience que votre vie actuelle est très éloignée de vos valeurs, imaginez comme ça fait peur de changer toutes ces habitudes bien ancrées en nous depuis toujours ?

Tout doux : prenez votre temps

Et surtout, tout cela prend du temps. Par exemple, il m’a fallu une dizaine d’années entre mon voyage d’étude au Japon, où j’ai commencé à remettre en question la société de consommation, et le moment où j’ai osé quitter mon emploi pour façonner une vie qui me convient, à moi, personnellement. Alors prenez-le, ce temps. Chaque étape fait partie du chemin, du sel de la vie, de l’apprentissage, de ce qui rend la vie intéressante. La pub nous promet tellement de monts et merveilles tout de suite que nous en oublions que dans la vraie vie, les choses prennent du temps.

À petits pas : commencez à changer vos habitudes

Si les changements radicaux conviennent à certaines personnes, je pense que c’est bien plus réaliste de faire les choses petit à petit. Si la première étape vers une vie en cohérence, c’est d’aller au magasin bio au lieu du supermarché, faites-le ! Les puristes diront que le bio est devenu commercial, et ils ont peut-être raison, mais ne grillez pas les étapes. D’expérience, j’ai remarqué que même le plus léger des ajustements aide à se sentir mieux, plus en cohérence avec soi-même, et motivé d’en faire un peu plus demain, la semaine prochaine, l’année qui vient.

Créez du lien : trouvez des gens qui suivent vos valeurs

Je vous ai dit au début de l’article que nous sommes influencés par notre entourage : prendre conscience de nos valeurs ne change pas cet état de fait. Alors entourez-vous de gens qui partagent vos convictions et qui pourront vous apprendre comment entrer en cohérence, vous aider, vous encourager, et inversement !

Par exemple, j’ai rejoint une communauté d’auteurs de fiction lorsque j’ai décidé d’en faire un métier et une priorité dans ma vie. Chacun des auteurs que j’ai rencontrés vivent leur écriture à leur manière, mais tous comprennent pourquoi c’est important de faire de la place pour l’écriture. On se soutient, on s’écoute, on s’entraide, on se motive à aller de l’avant, tous ensemble.

C’est pareil pour toutes sortes de valeurs, que ce soit autour d’un loisir ou d’un art, mais aussi d’engagement citoyen (écologique, pour favoriser l’économie locale, la charité, quelle que soit votre priorité) ou d’un mode de vie alternatif. Rejoignez une communauté en ligne, un groupe facebook, inscrivez-vous à un meetup, rejoignez une asso…

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J’espère que cette réflexion sur la cohérence entre les valeurs et les actions vous aura été utile. Si le sujet vous intéresse, la Bulle Nomade de la semaine, sur l’eudémonisme, aborde un autre aspect de ce même thème. Et vous, quelles sont vos valeurs profondes, vos priorités et vos conviction ? Que faites-vous au quotidien pour apporter de la cohérence dans votre vie ?