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À la rentrée dernière, je vous parlais de la nécessité d’organiser mon temps afin d’avancer dans mes projets et mes révisions de concours de l’éducation nationale. J’avais acheté un agenda à cet effet, en plus de carnets de toutes sortes pour suivre chaque projet et idée. Après deux mois d’utilisation, et un voyage en Auvergne qui m’a montré l’encombrement de tous ces carnets, je suis passée au Bullet Journal, BuJo pour les intimes…

Qu'est-ce ?

Le Bullet Journal, c’est un concept inventé par Ryder Carroll. Il s’agit d’un système d’organisation personnalisé et adaptable qui peut contenir un agenda, des listes de toutes sortes, des pages de dessin ou d’écriture, des notes aléatoires…

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Voici les points-clés que j’en retiens et qui m’ont attirée dans ce système :

  • C’est un carnet vide que l’on remplit comme on veut et parfaitement adapté à nos besoins (versus un agenda dont les pages sont déjà pré-remplies)
  • Il réunit en un seul carnet l’agenda, les carnets de listes, les notes volantes, les suivis de projet et de tâches…

Le plus : si vous prenez le temps de tester pour trouver la mise en page qui vous convient le mieux, c’est un système d’organisation extraordinaire – surtout pour les gens qui ont beaucoup de choses à gérer de manière autonome, par exemple les freelances, les professeurs, auteurs et autrices, etc.

Le moins : contrairement à un agenda, il faut tracer les contours des pages, les dater, les numéroter etc. Du coup, même si on le garde très simple sans décorations superflues, il prend tout de même plus de temps à expérimenter (trouver la mise en page qui vous convient etc.) et à mettre en place chaque semaine (tracer les contours, indexer, etc.)

Pourquoi j'ai adopté un BuJo

J’ai entendu parler du Bullet Journal pour la première fois en août 2015, sur le forum d’écrivains que je fréquente ; mais le système m’avait paru un poil élaboré pour ma vie de l’époque. Maintenant que je prépare un concours de l’éducation nationale et que je jongle entre plusieurs projets tout en gérant mon temps de manière autonome, je me suis à nouveau intéressée à ce concept.

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Personnellement, deux arguments m’ont poussée vers le Bullet Journal depuis un peu moins de deux mois :

  • Le côté « tout en un », qui m’évite de m’éparpiller entre des milliers de carnets, dont j’oublie l’existence de la moitié (et donc arrête le suivi quotidien qu’il faudrait que je continue)
  • La créativité du système. Bien sûr le BuJo de base est très simple et je n’ai pas envie de passer des heures à créer des pages élaborées comme on en trouve sur les réseaux sociaux, mais le côté fun d’ajouter de la couleur, des petits dessins, du scotch décoratif et des stickers me fait kiffer, et donc me fait utiliser le système tous les jours, ce qui le rend efficace dans l’organisation de mon quotidien (puisque je continue à l’utiliser, tu suis ?)

Mon BuJo : dans un "Traveler's Notebook"

Je ne vais pas vous faire une présentation détaillée de mon BuJo actuel, déjà parce que je n’ai rien inventé, il existe des tas de ressources en anglais, et maintenant en français, pour admirer le Bullet Journal des uns et des autres et pour glaner des astuces (je vous ai mis une petite liste de mes influenceurs favoris en fin d’article). Ensuite, le format article écrit n’est pas forcément idéal pour vous présenter chaque page une par une. Et créer des vidéos, ce n’est pas ma tasse de thé.

En revanche, le système que je voulais partager avec vous, parce que c’est plus rare, c’est le fait que j’ai opté pour un carnet de type "traveler’s notebook" pour loger ce fameux BuJo, une idée que je n’ai pas non plus inventée puisqu’elle est fortement inspirée par Aemarielle.

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Le traveler’s notebook, c’est une couverture en cuir qui peut contenir plusieurs petits carnets (environ 50 pages chacun) liés ensemble par des élastiques. Conçu comme un journal de voyage, il permet de prendre des notes, coller des photos, des tickets etc., puis de stocker le carnet ainsi rempli de souvenirs une fois le voyage terminé. Un traveler’s notebook est hautement personnalisable puisqu’on peut y ranger plusieurs carnets, ajouter des marque-pages, des pochettes en plastique ou carton, des stickers, un porte-stylo, changer la couleur des élastiques…

Initialement inventé par la marque japonaise Midori, le terme "Traveler’s Notebook" désigne maintenant ce concept-là, reproduit par plusieurs marques, notamment sur Etsy. Il en existe de toutes tailles et coloris. J’ai moi-même opté pour le "Grand Voyageur" en taille XL (un poil plus petit qu’un A5) de la marque autrichienne Paper Republic.

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La taille me convient parfaitement (contrairement au midori qui est trop étroit à mon goût), et la marque provient de l’Union Européenne, ce qui correspond à l’éthique de consommation que je m’efforce d’adopter.

La marque se positionne clairement sur un segment de luxe : j’ai payé 100€ pour le kit complet, et chaque carnet de recharge (à un format propriétaire qui rend difficile l’approvisionnement ailleurs) coûte entre 6 et 7 euros. Par contre, l’avantage d’un tel positionnement de marque, c’est que nous avons affaire à des produits de qualité supérieure. Le papier est éco-conçu, épais et agréable à utiliser. Les couleurs ne transfèrent pas de l’autre côté de la page et la couverture en cuir est épaisse et solide. Je me suis dit que pour une utilisation quotidienne, j’avais envie de mettre le prix dans un produit de qualité et qui correspondait à mes valeurs. Heureusement, le choix de traveler’s notebooks est large, et je suis sûre qu’il est même possible d’acheter des chutes de cuir ou autre matériau et de le confectionner soi-même.

Quel intérêt pour le BuJo ?

En gros, le BuJo contient deux types de pages :

  • Les "éphémères", qui sont les aperçus mensuels ou hebdomadaires, les listes de tâches quotidiennes à cocher etc. Une fois la période passée, on n’en a plus besoin.
  • d’autres sont plus "permanentes", utilisées pendant plusieurs semaines ou mois, comme des listes de livres à lire, une checklist de tout ce à quoi il faut penser avant de partir en vacances ou en début de mois…

Lorsque le bullet journal est fini et qu’il faut en commencer un nouveau, certaines pages n’ont plus d’utilité (par exemple la liste de tâches du 23 août quand on est en novembre), mais d’autres doivent être recopiées (« migrées » selon le jargon BuJo) parce que vous les utilisez encore (par exemple la liste des distributions hebdomadaires de l’AMAP, j’en ai besoin jusqu’en septembre 2017). Avec un carnet de 250 pages terminé et, disons, 20 ou 30 pages à migrer, cela représente du temps et de l’énergie.

Du coup, avec le système traveler’s notebook, j’ai pu rassembler les pages plus "éphémères" dans le premier carnet, qui sera changé plus souvent, et suivre des tâches au plus long cours, comme mes projets d’écriture et mes révisions d’anglais, dans un carnet séparé qui sera changé moins souvent. D’autres avantages :

  • Je rassemble toutes les pages (les « collections » dans le jargon BuJo) sur le même thème ensemble, au lieu de devoir les chercher un peu partout dans un BuJo classique.
  • Je prends le carnet qui convient le mieux pour chaque type d’utilisation : le premier cahier, où je vais dessiner des pages mensuelles et hebdomadaires, est à feuilles blanches. Les deux autres, où j’écris essentiellement des listes et des tableaux de suivi, sont lignés.

Mon Bullet Journal contient donc trois carnets : le BuJo classique avec agenda, listes de tâches, collections de livres, projets de communication et de développement personnel ; un carnet dédié à l’écriture de fiction, le forum d’écrivains et la bêta-lecture ; et un carnet dédié à mes concours d’anglais.

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Dans une pochette en carton, j’ai rassemblé les outils que j’utilise dans le BuJo : papier ligné pour glisser sous les pages blanches et écrire droit, stickers, post-it et le bloc-notes étroit que j’utilise pour noter les tâches quotidiennes à épingler sur ma double page hebdomadaire.

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Niveau personnalisation, je l’ai gardée au minimum car le but est d’organiser mon temps et pas de passer des heures à faire du scrapbooking, même si je me permets un peu de couleur et de gribouilles dans les pages.

Les seules personnalisations du traveler’s notebook en lui-même sont la couleur de l’élastique (rouge en automne, mais il changera au fil des saisons) ; et l’ajout d’une petite pampille en forme d’étoile, issue de la marqueterie de Hakone au Japon, qui me permet de saisir l’élastique et ouvrir mon carnet sans griffer la couverture en cuir (même si elle se griffe quand même hein, c’est aussi ce qui lui donne de la patine).

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Mais pourquoi ne pas avoir gardé l’agenda d’un côté et les carnets de projets de l’autre, alors ? me demanderez-vous.

Deux raisons : le Grand Voyageur prend moins de place, puisque l’agenda A5 de chez Muji prenait à lui seul le même encombrement que l’ensemble du BuJo avec tous les carnets inclus. En plus, les carnets de projets et l’agenda sont reliés tous ensemble, au lieu de voler partout dans les tiroirs de mon bureau. J’ai également supprimé les feuilles volantes et autres brouillons à idées disséminés partout, puisque je note tout dans le BuJo (ou mon carnet de sac à main/ google agenda si je ne suis pas chez moi).

Le résultat ?

Je n’en suis que dans mes premiers mois d’utilisation, mais déjà je n’oublie plus d’envoyer mes chiffres de compteur EDF, mes publications de blog sont à peu près régulières et mes révisions de concours avancent bien. Je me souviens de cette super idée que je voulais ajouter dans mon prochain chapitre des Terres d’Aun, et je sais quelle est la prochaine partie à corriger pour la publication sur Wattpad…

J’ai passé quelques semaines à tester avec des carnets A5 que je possédais déjà avant d’investir dans mon système actuel. Si vous comptez vous lancer, je vous conseillerais de commencer avec ce que vous avez à la maison, le temps d’ajuster le système à vos besoins et de bien déterminer ce qu’il vous faut, avant d’acheter quoi que ce soit de nouveau.

Des exemples de pages que j’ai dans mon bullet journal, si vous y trouvez de l’inspiration :

  • Une liste de livres en cours de lecture pour penser aux chroniques et aux "revues-pennac" sur instagram (je vous en reparlerai)
  • Un feuillet de gratitude où je marque un à trois kifs de la journée
  • Une page « microcompta » où je note combien je gagne et dépense à l’échelle d’une journée (tu réfléchis à deux fois quand tu te rends compte que ce beau t-shirt, c’est deux jours de revenus)
  • Une page « fais tes sec ! » où je note combien j’écris chaque jour, avec un code couleur en fonction de l’objectif quotidien que je me suis fixée
  • Une page « to-do » avec des choses qu’il faudrait que je fasse dans un futur proche (apporter les bottines chez le cordonnier, fabriquer ma propre lessive…)
  • Une page avec ma routine matinale et mes « affirmations » (cf le livre Miracle Morning, de Hal Elrod, je vous en reparlerai)
  • Un petit tableau d’habitudes quotidiennes (le sport du matin, écrire, méditer…), pour me souvenir de les faire et la satisfaction de les cocher

Quelques ressources

Vous souhaitez vous lancer ? Vous avez déjà un BuJo et recherchez de l’inspiration ? Voici les quelques sites que j’aime lire et vidéos que j’aime regarder pour m’inspirer.

En français :

  • Ma vidéo préférée est celle de Solange Te Parle, à la fois rigolote et explicative sur le concept
  • La Booktubeuse Bulledop possède un BuJo, plutôt bien décoré, qu’elle présente régulièrement parmi ses vidéos lecture
  • La bloggeuse d’Un Invincible Été a écrit tout un article qui présente le Bullet Journal de manière claire et précise

En anglais :

  • Le site officiel regorge de ressources et d’idées, plus dans l’organisation que la déco
  • Niveau déco, idées de pages et types de carnets à utiliser, l’influenceuse la plus connue (et qui propose du contenu de qualité) est Boho Berry
  • J’aime aussi Jessica, de Pretty Prints and Paper, essentiellement parce qu’elle utilise, elle aussi, un traveler’s notebook pour son BuJo

J’ai l’impression que le phénomène a pris beaucoup d’ampleur depuis que je l’ai découvert l’année dernière, et il a aussi bien ses adeptes que ses détracteurs. Pour moi, c’est un peu comme la simplicité : il n’existe pas de règles, et l’essentiel et de trouver la manière qui vous convient le mieux (que ce soit un BuJo, un agenda physique ou numérique, ou pas d’organisation du tout)

Vous êtes encore là? Qu’en pensez-vous ? Connaissez-vous le Bullet Journal ? Avez-vous testé, trouvé un système qui vous convient ?