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Depuis que j’ai commencé à farfouiller dans la philosophie antique, mon cerveau est en pleine tempête. Aujourd’hui, je voudrais parler de cette phrase philosophique classique, connais-toi toi-même, qui a été attribuée à Socrate. À travers cette phrase se dessine le thème de la remise en question de soi, s’interroger, écouter son âme en quelque sorte.

Pourquoi c’est important, de se connaître au plus profond de soi ?

D’après Socrate, c’est par là que l’on peut acquérir la connaissance, dans un dialogue avec l’âme, à la manière du maître et de l’élève. Appelée maïeutique, cette idée est centrale dans sa philosophie.

Je ne me prétends pas porte-parole du philosophe (le pauvre en a bien eu assez), mais j’ai pu constater à quel point son idée est vraie : on apprend en posant des questions, et la quête commence par la remise en question de soi-même.

En quelques années de remise en question personnelle sur fond de simplicité, j’ai réalisé que c’est en me posant des questions sur moi-même que je commençais à en apprendre plus, sur moi, mais aussi sur le monde qui m’entoure (ou plutôt la vision que j’en ai, et à quel point elle est limitée).

Tout a commencé par…

  • Quelle est l’image que les gens ont réellement de moi ? Comment me voient-ils ?
  • Qui suis-je ? Au fond de moi ? Qui crois-je être ?
  • Pourquoi y a-t-il un si grand écart entre la personne que je crois être et l’image que je renvoie ?
  • Pourquoi est-ce que je possède autant de choses ? Pourquoi j’achète ?
  • Quel est mon but dans la vie ? Quel est le vide que je cherche à combler ?
  • Comment ai-je l’habitude d’occuper mon temps ? De dépenser mon argent ? Pourquoi ?
  • Qu’est-ce qui me rend heureuse ? Pourquoi ne pourrais-je pas être heureuse ici et maintenant ?
  • Quelles sont mes attentes dans la vie ? De la part de mes proches ? Pourquoi ?

Vous voyez l’idée. Tout cela a pris des années, je crois que je n’ai jamais passé l’âge du pourquoi. Le résultat de toutes ces réflexions paraît dérisoire sur le moment, un grand tri de placard, une soirée pyjama bière pour me remettre de tous ces doutes…

Mais sur le long terme ? J’ai repris le violon, le piano et l’écriture, dirigé ma carrière vers ce qui me plaît vraiment, repris la lecture de l’imaginaire que j’ai toujours tant aimée, lancé plein de projets (avec plus ou moins de succès), et même si l’immensité des questions ne semble que croître, j’ai l’impression de me connaître mieux que jamais.

En conséquence, j’ai l’impression de mieux comprendre le monde, ou du moins la manière dont je le vois. Je me sens mieux équipée pour faire mes choix de vie, décider comment passer mon temps et dépenser mon argent, dans quoi mettre mon énergie, quelles relations privilégier et comment me protéger des liens toxiques.

Le problème quand on ouvre la boîte du pourquoi, c’est qu’elle est sans fond. J’ai encore des milliers de questions qui s’empoignent dans ma tête, et je suis sûre que ce vieux schnock de Socrate se moque bien de moi depuis le néant. Mais je me connais moi-même, autant que possible et mieux que jamais, et je me sens épanouie. Quant à savoir s’il y a lien de cause à effet…