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À l'origine, cet article était prévu pour la semaine de la rentrée des classes, mais il n'est jamais trop tard pour célébrer cette saison si particulière: début Septembre, quand la nature tâtonne vers l'Automne, quand les rêveries d'été laissent place à l'énergie nouvelle de la rentrée.

Aimer apprendre était mal vu, à l'école. Je me souviens de cette scène étrange, dans un gymnase en Allemagne pendant nos deux semaines d'échange au collège. Mes parents m'avaient offert un petit dictionnaire électronique Français-Allemand, pourvu de quelques jeux éducatifs. "À quoi ça sert?" Avait demandé une petite Allemande. J'avais répondu: "C'est de la gymnastique pour le cerveau". Et ma petite camarade de rétorquer, une fois l'Allemande partie "Pourquoi tu as dit ça? On passe pour des intellos maintenant!" Je me souviens encore de la honte qui m'avait alors envahie: je n'avais pas le droit d'aimer apprendre. "Intello" était une insulte. Ce fut tellement marquant que dix-sept ans plus tard, je m'en souviens encore.

Pourtant, j'aimais apprendre. Ce n'étaient pas que les mirabelles juteuses, les champignons frais et les premiers potirons de l'année qui me réjouissaient en septembre. Je me languissais de la rentrée des classes, ces nouveaux cahiers à inaugurer, retrouver mon petit bureau et aligner les nouveaux stylos dans ma trousse. Les nouvelles matières à apprendre, les nouvelles découvertes à faire. J'étais en quelque sorte l'opposée de Daniel Pennac dans Chagrins d'École. Savait-il alors que d'être un premier de la classe honni de tous était aussi difficile que d'être bon dernier, le cancre révéré de la classe?

Malheureusement, le temps, et la pression sociale, finirent par avoir raison de ma soif d'apprendre. Après quelques événements comme celui du gymnase allemand, ou encore les rires condescendants de nouveaux camarades lorsque, fraîchement arrivée à Lyon, je demande à quelle vitesse peut bien rouler le métro, j'ai fini par arrêter de montrer mon intérêt pour les choses. Peu à peu, j'ai abandonné mon abonnement à Science & Vie, laissé tomber la lecture dans laquelle je m'étais tant réfugiée. Même l'écriture a fini par disparaître de ma vie d'adolescente en quête d'acceptance sociale. Puis l'âge adulte arrive, et l'on a l'impression que l'apprentissage s'est terminé avec la cérémonie de remise des diplômes.

Et pourtant, pourquoi ne pourrait-on pas apprendre toute sa vie? Nourrir son âme de cette curiosité salutaire tant raillée en société? N'avez-vous jamais ressenti cette vague de fierté, cet étrange sentiment de victoire qui nous accapare lorsque l'on vient de comprendre une chose nouvelle, de résoudre une énigme? Plus on apprend, plus on découvre le monde, plus on se rend compte de l'étendue de ce que l'on ne sait pas, et plus on a envie d'apprendre. Car nous avons suffisamment à apprendre pour occuper plus d'une vie, et il serait bien dommage de taire cette soif d'apprendre, juste parce que nos années d'études sont terminées, ou parce que c'est "mal vu".

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