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Dans notre société en accélération constante, l’importance de s’arrêter tombe peu à peu dans l’oubli. Par exemple, si vous recherchez « sommeil » sur le site de conférences TED, vous trouverez de nombreuses explications sur l’importance de ce moment de repos quotidien, et autant de mises en garde sur notre manque de sommeil généralisé.

Mais s’arrêter ne se limite pas à respecter notre besoin quotidien de bien dormir. S’arrêter, c’est apprendre à ralentir parfois, et prendre le temps de s’écouter, de réfléchir sur la vie que l’on mène, passer du temps avec les gens que l’on aime. Ou simplement ne rien faire, se sentir exister et ressentir le plaisir de vivre et le sens que l’on a donné à sa vie.

C’était pendant les vacances de Noël que j’ai pris conscience de vouloir quitter médecine et rassemblé le courage d’en parler à mon père, une moitié de vie dans le passé. Ce furent les mois qui suivirent, calmes et ponctués de petits boulots, qui me permirent de décider d’étudier les langues étrangères et de trouver une solution pour passer un an au Japon.

Sept ans plus tard, il a fallu une pause de deux semaines, passées au creux des montagnes pour décrocher mon permis de conduire, seule à la maison après mes deux heures de conduite quotidiennes, pour que je décide de simplifier ma vie et vider mes placards.

Ce furent pendant des vacances courtes mais lentes, autour d’un quatorze juillet dans le sud de la France, assommée par la chaleur et bercée par les cigales, que je pris conscience que si, je pouvais être écrivaine, publiée même, tout en assumant un emploi à temps plein en parallèle. Pourquoi l’emploi et les projets personnels seraient-ils incompatibles ? Et ce fut pendant le silence de l’été parisien, clouée au lit par un mal de dos intense, que je décidai de quitter mon emploi pour retrouver du sens dans ma vie professionnelle.

Le message que je souhaite faire passer par ces exemples personnels, c’est que dans une vie, nous avons besoin de temps de pause, parfois. De véritables pauses. Pourquoi les religions et philosophies du monde entier nous offrent-elles un jour de repos hebdomadaire, des périodes de retraite ou encore des jeûnes ? Parce que nous avons besoin de nous déconnecter de la furie du quotidien. De relever la tête du guidon, briser le cercle du stress et des soucis, retrouver de l’énergie dans un quotidien drainant qui nous empêche de nous connecter avec nous-même et les autres.

Mais, si d’anciens rites enseignaient ce besoin de pause, notre société moderne est axée sur la productivité, nous dit que "le temps c’est de l’argent", nous amène à croire qu'avoir un agenda rempli à ras bord est un signe de réussite. Alors nous oublions les bénéfices du repos véritable, du bouton stop.

Imaginez une longue promenade sous les rayons dorés du soleil d’automne. Un week-end en famille avec de la bonne nourriture et de belles anecdotes. Une semaine sans rendez-vous, sans obligations, sans tâches. Qui sait ce qui en ressortira ? Davantage d’énergie, c’est sûr. De nouvelles questions sur votre vie et vos aspirations, peut-être. Les moments de pause cités en exemple ci-dessus n’ont jamais été pris dans le but de l’introspection. Elle n’a été qu’une conséquence d’une bulle de repos que je me suis octroyée au milieu d’une vie à mille à l’heure. Ce moment de pause où mon esprit engourdi par le quotidien s’est éveillé pour décider d’écrire un polar dans l’espace.

Et si vous preniez un week-end déconnecté de tout objet électronique ? Si, pour vos prochaines vacances, au lieu d’un voyage dépaysant mais fatiguant, vous décidiez de prendre une vraie pause, au calme ? Si, lors de votre prochain jour de repos, vous décidiez de ne rien faire du tout ? Arrêtez-vous, écoutez, et voyez ce qui se passe…

Image: pixabay