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Les 24 heures de la nouvelle, c'est une initiative qui réunit auteurs et autrices chaque année depuis 2013 autour d'un défi: écrire une nouvelle de 5000 signes minimum, en moins de 24 heures, sur une contrainte imposée. Cette année, le défi se tenait le week-end dernier, et je m'y suis inscrite.

Le défi? Concevoir et écrire le premier jet d'une nouvelle entre samedi 14 mai à 14h et dimanche 15 mai 14h. La contrainte?

L’histoire doit se passer à au moins deux époques différentes (pas forcément très distantes), qui ne peuvent pas communiquer directement entre elles (pas de portails temporels, de machines à remonter le temps, de télépathie…), mais se répondent et se complètent.

Du bourgeon d'idée à l'écriture

Voici un petit retour d'expérience sur ce défi unique, en tant que nouvelle participante! D'abord, c'est la découverte de la contrainte. Samedi, 14h, aux caisses du Monop' où m'attendent mes vivres pour la semaine, l'e-mail tombe. Voià la contrainte tirée au sort. Top chrono, bonne chance à tous!

La création naît de la contrainte, dit-on. Pourtant, au départ, c'est le vide. Deux époques en parallèle sans machine à remonter le temps. Cela aurait été si simple pourtant! Puis, comme si les limites imposées par la contrainte fertilisaient le terreau des idées, elles commencent à bourgeonner. Et si je mettais deux vies en parallèle, à deux époques différentes, pour souligner l'évolution mais aussi le chemin qu'il reste à parcourir?

Le plus sympa avec les 24 heures de la nouvelle, c'est d'échanger avec les autres nouvellistes sur le chat dédié. Écrivains de tout bord partagent leurs idées. Certains commencent déjà à aligner les mots tandis que d'autres se dépêtrent avec des idées qui ne viennent pas toujours. De mon côté, je tiens une base: l'atmosphère étrange d'une île à flanc de falaise, et deux femmes à un siècle d'écart. Pour laisser pousser l'idée, je pars faire un tour.

Donnez-moi six heures pour couper un arbre, j'en passerai quatre à affûter ma hache, disait Lincoln. Il semblerait que l'idée se prête bien à ma manière d'écrire: le samedi après-midi file sous le soleil, et je me balade, je laisse les idées s'étirer dans mon esprit. Les paysages d'Enoshima, au Japon. Une légende de Dragon féroce, dieu animiste du volcan qui sert de lieu à la nouvelle. Un sujet qui me tient à coeur: la place des femmes dans la société. Tout s'enchevêtre à mesure que je me laisse le temps de réfléchir.

24 heures, c'est court!

Tenir l'idée, c'est un peu comme trouver la solution d'une équation de mathématiques. Vous souvenez-vous de ce sentiment exhilarant, lorsqu'après ce qui semble être des heures de réflexion sur un problème de maths, la solution arrive soudain? Avec la muse de l'écriture, c'est pareil.

Alors que les nuagse d'idées prennent corps dans ma tête, mes doigts me démangent. Je commence à écrire le plan de la nouvelle, les noms des quelques personnages qui passeront par là. Le tout sous les encouragements mutuels des autres nouvellistes sur le chat.

Autour de 21 heures, tout est prêt. Pause dîner. Yapuka. Mais 24 heures, c'est court. Dix-huit scènes à écrire, besoin de dormir, finirai-je à temps? Alors, le bonheur de trouver l'idée fait place à la pression. Une bonne pression, de celles qui fait monter l'adrénaline et dévoile des trésors de productivité. Dimanche, à sept heures du matin, je ne me suis jamais sentie autant en forme.

Et le sentiment d'accomplissement lorsque le point final est posé. Alors oui, c'est écrit en 24 heures, la fin est probablement bâclée et le texte mériterait quelques améliorations, mais quelle expérience!

L'île du Dragon

Si le résultat vous intéresse, vous pouvez le lire par ici: L'île du Dragon.

 Je ne sais pas ce qu'il vaut, mais maintenant je peux vous dire avec fierté: j'ai écrit une nouvelle à contrainte en 24 heures! Et vous pouvez trouver les dizaines de textes que les autres participants ont concoctés autour de la même contrainte sur le site des 24h de la nouvelle.

J'ai rencontré de super nouvellistes par la même occasion, je serai très probablement de la partie pour l'édition 2017 des 24h de la nouvelle...

Source de l'image: les 24h de la nouvelle