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Désencombrer son espace de vie, ce n’est pas seulement gagner de la place, c’est aussi économiser du temps pour ce qui compte vraiment. Combien de temps cela prend-il vraiment de planifier ses achats, faire du shopping, mais aussi d’entretenir tout ce que nous avons, laver, réparer, ou encore stocker nos objets ?

Je me souviens du temps que je passais à dresser ma liste d’envies en début de saison. À parcourir les e-shops et les vitrines, à organiser mon intérieur pour accueillir une étagère supplémentaire, à courir après les ventes privées en espérant qu’il resterait quelque chose à ma taille.

Et c’est sans compter le temps que nous passons à gagner l’argent que nous dépensons dans toutes ces possessions matérielles. À dix euros de l’heure, c’est deux heures de travail pour ce t-shirt ou ce livre, huit pour cette paire de chaussures, vingt-deux pour cet appareil photo.

On nous dit que le temps, c’est de l’argent. Mais c’est l’inverse : l’argent, c’est du temps. Tant que nous avons un niveau de vie élevé par la quantité d’objets que nous achetons et les coûts associés (assurances, box de stockage, entretien, énergie…), nous n’avons pas le luxe de quitter un emploi drainant ou d’oser un changement risqué.

Désencombrer sa maison et apprendre à moins consommer ne libère pas de la nécessité de gagner de l’argent, bien sûr. Certains coûts sont incompressibles. Mais se satisfaire de moins, dépenser moins chaque jour, chaque mois, offre une liberté supplémentaire. Celle de rembourser un crédit plus vite, de moins se laisser affecter par le stress au travail et la course à la promotion, d’accepter ce job moins stable ou cette opportunité à l’étranger.

Et le temps alors ? Que deviennent ces après-midi shopping qui disparaissent ? Ou ces soirées à monter des meubles Ikéa ? Lorsque j’ai commencé à simplifier ma vie, j’ai peu à peu remplacé ces activités de consommation par des loisirs oubliés. Lire, écrire, jouer du violon. Rencontrer des gens, dîner avec des amis, rendre visite à ma famille.

Bien sûr, rien n’est jamais idéal. La vie est imparfaite et le minimalisme n’est pas une solution magique à tous nos problèmes. Mais simplifier, pour moi, c’est un petit pas, puis deux, puis trois. Vers un intérieur moins encombré, un emploi du temps qui laisse la place à ce qui compte, un compte en banque moins tendu. Et qui sait ce que ça donnera dans un an, trois ans, dix ans ? Moins d’objets, plus de temps, et plus de liberté…