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Titre : Réfléchissez et devenez riche
Auteur : Napoleon Hill
Date de publication : 1966 (2007 pour cette traduction)
Genre : Conseils de réussite, développement personnel
Éditeur : J’ai Lu (coll. bien-être)

Voici le premier retour sur les livres de développement personnel que j’ai choisi de lire cette année. Écrit par un motivateur célèbre du XXème siècle, qui a étudié les parcours de nombreuses figures de réussite américaines telles que Henry Ford ou encore Andrew Carnegie, ce livre résume sa philosophie du succès, ou comment devenir riche en s’appuyant sur les exemples de ceux qui ont réussi.

Je vous avoue que, si ce livre ne m’avait pas été recommandé par plusieurs sources, dont l’une précise que le mot « riche » peut être envisagé au-delà de la fortune pécuniaire, je ne l’aurais probablement pas lu. Mais au-delà de l’idéologie américaine du « self-made man » et de la mise de la fortune matérielle sur un piédestal, j’ai trouvé de nombreux enseignements intéressants à tirer de ce livre.

La réussite par la volonté et la persévérance

Si je devais choisir une tagline pour ce livre, je reprendrais le fameux proverbe : quand on veut, on peut. Toute la philosophie de Napoleon Hill peut se résumer ainsi, car son idée est que toute réussite part d’un désir ardent, nourri par une volonté de fer et une persévérance à toute épreuve. En gros, la seule manière d’échouer, c’est d’abandonner face aux obstacles au lieu de se relever, apprendre et persévérer.

Ce que j’apprécie dans cette façon de penser, c’est que l’auteur rappelle qu’il nous est possible à tous d’accomplir bien plus que nous ne le croyons. Ceux qui ont réussi, ce sont ceux qui ne se sont pas laissés arrêter par l’idée que leur projet était impossible, et qui ont osé se lancer quand même. Et face à l’échec, ce sont ceux qui y ont vu une source d’apprentissage et d’expérience pour y arriver la prochaine fois. Et qui ont persévéré dans leur entreprise.

Cette idée n’est pas sans rappeler le concept que tout est possible, mais rien n’arrive par magie. Combien d’entre nous avons des désirs, des rêves, des envies, que nous n’osons pas mettre en pratique parce que « c’est impossible » ou « je n’en suis pas capable » ? Je sais que j’ai attendu la trentaine pour envoyer des textes à des maisons d’éditions à cause de cet état d’esprit, cette barrière de l’impossible qui m’a empêché d’agir alors que j’écris depuis que je suis toute petite.

La seule chose que nous contrôlons, ce sont nos pensées

La philosophie de Napoleon Hill rejoint l’idée d’objectifs intrinsèques : il ne promet pas de pouvoir faire plier la volonté d’autrui, ou de rendre possible ce qui est matériellement inatteignable. Le message qu’il fait passer, c’est que la seule chose que nous contrôlons, c’est notre pensée. Notre pensée, ce sont nos croyances (limitantes ou émancipatoires), nos peurs, notre volonté, nos envies, nos doutes, notre (manque de) confiance en nous…

Et ces pensées, si nous ne les contrôlons pas, ce sont elles qui nous contrôlent. Pour lui, la raison principale de l’échec, c’est le manque d’action, né d’un manque de désir ardent et de volonté de l’atteindre. Si nous ne façonnons pas nos pensées de manière positive, autour du désir, de la foi (dans la réalisation de nos ambitions), de la confiance en soi et de la persévérance, alors nous serons coincés avec les pensées par défaut reçues d'influences extérieures.

On retrouve là l’idée de reprendre le gouvernail de notre vie, décider de tracer notre propre chemin avec intention au lieu de suivre une voie par défaut. On y retrouve aussi les idées avancées par Serge Marquis ou encore Eckhart Tolle, qui visent à dire que la majorité de notre souffrance est infligée à nous-même par notre mental.

La solution de Napoleon Hill pour cultiver la pensée positive, la confiance, la volonté et la foi (en la réussite de nos projets), c’est de passer par des exercices d’auto-suggestion. À force de se répéter que nous avons confiance en nous-même, que notre désir va se réaliser, que c’est possible, notre subconscient finit par y croire et cette confiance devient réelle. On retrouve là son influence sur Hal Elrod, qui suggère de répéter des affirmations positives et de pratiquer la visualisation de nous-même dans la vie que l’on veut, dans sa routine du Miracle Morning.

Je n'ai pas testé l'auto-suggestion suffisamment longtemps pour témoigner de son efficacité, mais ce que je trouve intéressant dans cette idée, c’est qu’effectivement, la manière dont nous nous voyons nous-même, et dont nous voyons le monde, influe énormément sur nos croyances, et donc sur nos actions.

La puissance de la peur, notamment de la critique

Napoleon Hill parle de la puissance de la peur au fil du livre, et y consacre un chapitre entier sur la fin. Pour lui, six peurs fondamentales nous freinent tous : la peur de la pauvreté, de la critique, de la maladie, de la perte de l’objet de notre amour, de la vieillesse et de la mort. Il nous suggère de faire un travail d’introspection pour identifier les peurs qui nous retiennent le plus, et pour les combattre de manière à les remplacer par de la confiance en soi et de la foi en la réussite de nos désirs.

Parmi ces peurs, celle que je trouve capitale dans le monde d’aujourd’hui, c’est la peur de la critique. Il en parle dans un paragraphe autour de l’opinion et du fait de se laisser influencer par les autres. Tout le monde a une opinion, c’est très facile d’en avoir une, qu’elle soit fondée ou non, et qu’elle soit en accord avec vos valeurs propres ou non.

Le problème avec la peur d’être critiqué(e), c’est que nous accordons une valeur trop importante aux opinions des autres. Si l’on se laisse guider par le qu’en dira-t-on, on se retrouve à mener une vie qui correspond aux standards d’un autre au lieu de tracer sa propre route. Ainsi, Napoleon Hill suggère qu’un esprit fort est imperméable aux influences négatives de l’entourage, la société, les média, etc.

Attention, il parle bien d’être imperméable aux opinions, et non aux conseils, suggestions ou enseignements que peuvent nous apporter les autres. Au contraire, il explique bien qu’il est très difficile de réussir seul, et que de savoir s’entourer de bons conseillers et de collaborateurs est une clé de la réussite. Il explique aussi qu’il faut savoir s’entourer de proches qui nous soutiendront dans notre plan vers la réalisation de nos désirs.

Un rêve américain dépassé ?

Le passage du temps se ressent à la lecture de ce livre, même si on voit que le traducteur a tout fait pour le remettre au goût du jour. De même, les différences culturelles entre la France et les Etats-Unis se ressentent fortement, comme c’était le cas pour le Miracle Morning de Hal Elrod.

La philosophie de Napoleon Hill dans ce livre est clairement dans la lignée individualiste et libertaire de la culture américaine. Il présente les clochards comme des gens qui manquent de volonté et de but, et les gens qui ont réussi comme des hommes qui ont su se retrousser les manches et réaliser leurs désirs à force de volonté, d’obstination et de persévérance. Seulement, la société a besoin de métiers qui apportent au collectif (enseignement, médicaux etc.). Si les chefs d'entreprise qui ont eu de brillantes idées apportent beaucoup, une société ne peut pas fonctionner si tout le monde est chef d’entreprise. En plus, il existe en réalité de nombreuses définitions du succès, et tout le monde ne trouve pas forcément l’épanouissement dans une position de dirigeant d’entreprise fortuné.

Je trouve que le danger de ce genre de philosophie, comme le pointe très bien le philosophe Alain de Botton, c’est qu’elle tend à stigmatiser les gens qui n’ont pas réussi. Si tu échoues, c’est de ta faute. Contrairement à une époque plus ancienne où les moins bien lotis étaient victimes d’un malheureux hasard (ou une volonté divine défavorable). Cela peut mener à un état d’esprit culpabilisant envers soi-même si notre vie n’atteint pas nos espérances, ou stigmatisant envers celles et ceux qui ont besoin d’aide.

Cela étant, Napoleon Hill parle beaucoup de donner avant de recevoir, de collaborer avec autrui et de bâtir son rêve sur des fondations saines : bienveillantes et coopératives. Donc nous ne sommes pas non plus dans un discours de requin qui vise à écraser les autres pour réussir.

La question de la richesse

Napoleon Hill reconnaît lui-même à la fin du livre que le mot "riche" peut s’entendre au-delà de la fortune pécuniaire : une richesse spirituelle, émotionnelle, dans l’épanouissement et le sentiment d’accomplissement personnel. Il explique qu’il se focalise sur l’aspect financier car selon lui, beaucoup d’excuses que les gens se donnent pour ne pas avancer, c’est le manque d’argent, ou, en d'autres termes, la peur de la pauvreté. Il souhaitait donc prouver que si, c’est possible d’attirer l’argent même lorsque l’on démarre sans le sou mais avec le bon état d’esprit.

Cela dit, on reconnaît bien, encore une fois, une certaine culture outre-Atlantique qui place la richesse financière comme prérequis à l’épanouissement personnel. L'auteur dit lui-même que la richesse spirituelle et la satisfaction se trouvent par le truchement de la richesse financière. Je serais moi-même moins catégorique là-dessus : certes, il faut un certain niveau de confort matériel pour subvenir à ses besoins et ceux de sa famille, et ainsi avoir l’esprit libre de poursuivre ses projets, ses ambitions et la recherche d’épanouissement, mais je pense que le seuil financier nécessaire pour atteindre cette sérénité face à l’argent est plus bas que beaucoup ne le croient.

Ce que je crois, en revanche, et que Napoleon Hill prône dans son livre, c’est que lorsque nous avons un désir clair et précis de l’endroit où nous voulons mener notre vie, et que nous avons fait un travail sur ces peurs qui nous retiennent, il est possible de trouver des solutions pour concilier les contraintes de la vie (y compris financières) et la mise en place d’un plan concret pour réaliser nos projets.

La Nife a dit…

Si vous arrivez à mettre de côté la philosophie du "rêve américain façon self-made man", et que vous prenez la notion de richesse avec une définition plus large que l’accumulation d’argent, je trouve que Réfléchissez et devenez riche propose des idées vraiment intéressantes pour faire tomber nos barrières intérieures et trouver la motivation de se lancer concrètement dans nos projets de vie.

Bien souvent, nous aimerions bien faire ceci ou cela, si seulement nous avions plus de temps, d’argent, de liberté, ou autre. Beaucoup de nos envies, nos désirs, nos rêves, nos aspirations, restent à l’état de pensée ou de paroles sans jamais se traduire par des actions concrètes à cause de limitations, perçues ou réelles, qui nous empêchent d’avancer.

Napoleon Hill dit que de justifier l’échec (ou l’inaction, ajouterais-je) par des excuses est fatal au succès. Je trouve cet enseignement très puissant.

Peut-être nous pourrez-vous pas faire autant que ce qu’il suggère dans son livre. Nous avons tous des contraintes différentes, et si certains peuvent quitter leur emploi, prendre une année sabbatique ou autre pour consacrer tout leur temps à leurs plans futurs, d’autres devront se contenter de quelques minutes grappillées ici et là entre l’emploi, la famille et autres obligations de la vie. (Si c'est votre cas, pourquoi ne pas vous lancer un défi pour ménager quelques minutes par jour à votre projet?)

L’essentiel, c’est de croire que c’est possible, d’y mettre toute notre volonté et de faire de notre mieux, à notre niveau, pour prendre du temps pour nos projets, nos aspirations et nos envies.

Napoleon Hill nous donne des outils pour prendre confiance et transformer la pensée, et la parole, en action. Pour cette raison, quelles que soient les limites de sa philosophie, je pense que ce livre mérite d’être lu au moins une fois. Si vous êtes trop sceptique pour l’acheter, alors pourquoi ne pas l'emprunter à la bibliothèque?