D-paranoid.jpeg

Sur la Nife, le lundi c'est découvertes! Aujourd'hui, je reviens avec une autre série télévisée, encore une mini-série de polar britannique. (Je pense qu'à ce stade, vous commencez à cerner mes goûts...). Pour le Merci Netflix! de cette semaine, je vous présente Paranoid. Créée en 2016 par Bill Gallagher, la série comporte une saison de huit épisodes à ce jour, centrée autour d'une même affaire qui va se développer au fil des épisodes.

Alors qu'une médecin généraliste est assassinée dans un parc pour enfants devant plusieurs témoins, la police locale se trouve confrontée à une affaire plus importante qu'il n'y paraît et doit collaborer avec la police allemande tandis qu'un "détective fantôme" anonyme leur donne des indices: tuyaux ou fausses pistes?

Vous aimerez si: vous aimez les polars avec des enquêtes aux ramifications complexes qui ne laissent pas les personnages de côté, les enquêtes au long cours qui nécessaitent de voir toute la saison dans l'ordre pour avoir le fin mot de l'enquête, une plongée dans la psychologie des différents personnages, des protagonistes atypiques et attachants.

Polar Psychologique

L'affaire commence en apparence comme n'importe quel polar: alors qu'elle s'amuse avec son fils dans un parc pour enfants, une médecin généraliste est poignardée en plein jour, au vu et au su de tous. Une petite équipe de policiers locaux est mis sur une affaire d'apparence banale: un jeune schizophrène du coin est immédiatement suspecté. Mais pourrait-il y avoir autre chose derrière ce crime apparemment sans but?

Évidemment, les huit épisodes vont vite nous prouver qu'en effet, rien n'est aussi simple. Pour moi, l'élément différenciant de cette série par rapport à d'autres, c'est la plongée dans la psychologie des personnages. Et il ne s'agit pas seulement la psychologie des criminels ou l'impact d'un acte d'une telle violence sur les témoins et la famille des victimes. On entre dans la psychologie des personnages principaux eux-mêmes. Par exemple Bobby, à la cinquantaine, n'a jamais construit de famille et se trouve en proie à des crises d'angoisses. Ou encore Nina Suresh, policière de 38 ans, se fait larguer par son mec alors qu'elle désespère de tomber enceinte, a un caractère on ne peut plus excentrique et dit à peu près tout ce qu'elle pense quand ça lui vient. Dans l'équipe, on trouve aussi Alec Wayfield, le junior, doux et policé, n'est pas en reste avec une relation particulière avec sa mère et une gentillesse inattendue chez ce type de personnage.

Même les personnages secondaires sont bien travaillés, comme Lucy Cannonbury, témoin du meurtre tournée vers la spiritualité et la pleine conscience, ou encore Linda Felber, la policière allemande optimiste et joyeuse qui mène sa carrière et sa famille de trois enfants de front avec enthousiasme, montrant un contre-stéréotype du policier divorcé et dépressif qui boit du whisky dans son fauteuil en cuir tout seul chez lui le soir. Je vous laisserai en découvrir d'autres au fil de la série. En huit épisodes à peine, on plonge dans leur psychologie, on voit leurs relations évoluer, on entre dans leur intimité, leurs peines, leurs doutes, et on se retrouve presque à avoir envie de savoir ce qu'ils deviennent, eux, plutôt que l'enquête elle-même, ce qui est un comble pour un polar.

Une enquête bien ficelée

Si la caractérisation et l'évolution des personnages est réussie, cela n'enlève rien à la qualité de l'enquête elle-même. À mesure que l'équipe découvre de nouveaux faits, l'affaire déploie ses tentacules et montre l'étendue de sa complexité. Le mystère est prenant, bien distillé au fil des épisodes, et attise notre curiosité jusqu'aux révélations finales.

Si les ficelles de l'intrigue n'ont aucune originalité particulière, elles sont efficaces au point de dévorer la série en quelques jours à peine (Merci Netflix!). J'espère qu'ils réfléchiront à une saison 2, même si c'est toujours un peu compliqué de se renouveler dans ce genre de séries où l'enquête, déployée sur l'ensemble de la saison, joue de procédés narratifs (par exemple des liens ou révélations avec le passé des personnages principaux) difficilement reproductibles sur une nouvelle saison de manière plausible. Cela dit, ce n'est pas impossible - la saison 2 de Broadchurch est même meilleure que la première à mon goût, mais cette histoire sera pour un autre lundi.

La Nife a dit...

Si vous êtes amateurs et amatrices de polar, vous devriez passer un bon moment avec Paranoid : la série offre une intrigue de qualité, des personnages attachants, une bonne dose d'actions et de retournements de situations tout en restant plausible et haletante jusqu'au dernier épisode.

Si, comme moi, vous aimez particulièrement les personnages bien travaillés, la plongée dans la psychologie humaine en général et pas seulement dans le domaine criminel, et les personnalités atypiques et attachantes, alors vous risquez le coup de coeur avec cette saison 1! J'ai fini par m'attacher même aux personnages qui m'étaient insupportables en début de saison, comme l'inspectrice Nina Suresh. Et quand on s'attache aux personnages irritants, c'est bien un signe qu'ils sont réussis!

Dans le même genre: Broadchurch, The Fall, the Killing, Happy Valley...

Source de l'image: itv