Avec la popularisation des mouvements de simplification, le livre de Dominique Loreau, L'Art de la Simplicité, a connu un regain de popularité. Dans le numéro d'Automne du magazine Simple Things, un autre signe du succès du mouvement de simplicité, une petite liste issue de son ouvrage a été publiée. J'en ai sélectionné ici quelques points qui me font réfléchir.

"Distinguez vos besoins de vos envies"

Saviez-vous que ce que l'on appelle un "besoin" n'est jamais matériel? Un élément que j'ai appris lors d'une formation récente, pourtant plein de sens. Je n'ai pas besoin d'un pull, par contre j'ai besoin de confort, j'ai besoin de ne pas avoir froid. En d'autres termes, les objets peuvent être des outils servant à satisfaire nos besoins. Mais les objets en eux-même ne sont pas des besoins.

Pourquoi cette notion me paraît-elle importante? Parce que cela permet de faire des choix plus judicieux. Si l'objet a pour but de combler un besoin, quel est ce besoin exactement? Et quelles caractéristiques doit avoir l'objet pour le satisfaire correctement? Si le besoin n'est pas bien défini, l'objet peut se retrouver inadéquat.

Ensuite, il arrive que nous ayons des envies. Et ces envies peuvent être matérielles. Mais comme le souligne Dominique Loreau dans ce point ci-dessus, il est important de distinguer clairement ces envies, par rapport aux objets dont le rôle est de remplir un besoin. D'après mon expérience personnelle, bien définir les besoins et les envies permet d'éviter au mieux les erreurs d'achat, mais aussi de se rendre compte que parfois, la solution à nos besoins réels n'est pas dans le matériel.

"Dites-vous que la simplicité ne signifie pas éliminer ce que l'on aime, mais éliminer ce qui ne contribue pas ou plus à notre bonheur"

La frontière peut être ténue, entre l'effort de simplifier sa vie, et entrer dans une compétition du "moins possible". A mon avis, cette obsession de l'élimination peut être aussi problématique que celle de l'accumulation, quand le but est de se comparer aux autres, plutôt que de chercher ce qui peut nous satisfaire.

Pour moi, la simplicité signifie ne posséder que des objets qui me sont utiles, ou qui me rendent heureuse. Les objets d'art sont-ils inutiles? Les souvenirs doivent-ils tous être éliminés? Je crois en un équilibre: ne garder que l'essentiel, mais apprécier que parfois, un bel objet inutile est essentiel à mon bonheur à ce moment-là.

"Ne soyez pas prisonnière de vos erreurs d'achat passées. Réparez en éliminant."

En triant ma cave lors du déménagement de mon ancien appartement, je me suis rendue compte que de nombreux objets stockés dans cette cave étaient des objets dont je n'avais pas ou plus besoin (ou envie), mais qui avaient coûté cher à l'époque, et dont je n'arrivais pas à me détacher par impression de "perdre" mon argent.

Mais faire une erreur d'achat est déjà perdre son argent, et m'encombrer de ces objets ne fait que me punir une seconde fois. Je me suis sentie légère après avoir enfin libéré ces objets. Et je garde ce souvenir en tête pour réfléchir mûrement à mes prochaines acquisitions, pour m'assurer qu'elles ne soient pas considérées, dans quelques mois ou quelques années, comme des erreurs d'achat.

"Dites-vous que pour votre bien-être, vous devez vous défaire de tout ce qui vous irrite, même s'il s'agit d'objets sentimentaux"

C'est incroyable, les concessions que nous sommes capables de faire avec nous-même pour des objets. J'en suis venue à penser, particulièrement depuis que j'habite dans 25m2, que les objets doivent être des outils pour remplir mes besoins, ou de jolies choses qui m'aident à me sentir bien chez moi, et non des fardeaux dont il faut s’accommoder.

Il n'y a donc aucune place pour les objets approximatifs, dont l'utilisation m'irrite d'une façon ou d'une autre (parce qu'ils sont mal conçus, trop volumineux...) Et ceci même s'ils possèdent une valeur sentimentale. J'ai trouvé une technique, également mentionnée par Dominique Loreau dans sa liste: prendre ces objets sentimentaux en photo, puis s'en débarrasser.

Voici donc quelques pensées flottantes sur la simplicité, ou, en tout cas, ma version des choses. Je pense que c'est un sujet très personnel, à chacun ses besoins et ses envies. Je pense également que c'est un long chemin, dont l'intérêt est justement de parcourir la route, non d'arriver à une simplicité ultime qui serait la "destination". C'est aussi un chemin vers la découverte de soi, même si Dominique Loreau ne met pas tellement l'accent là-dessus dans son ouvrage...

Source de cet extrait de liste: le magazine Simple Things n°4 (page 120)
Auteur de la liste: Dominique Loreau, dans l'Art de la Simplicité, réédité en 2013 chez Marabout.
Source de l'image: Flickr