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Le mercredi, on simplifie! Du désencombrement au sens de la vie, de l'écologie au développement personnel, je me suis engagée à simplifier avec vous au moins une fois par semaine. Aujourd'hui, je souhaiterais parler d'un concept assez simple mais qui constitue la base des éléments sur lesquels nous pouvons agir pour simplifier et changer les choses: le cycle de consommation.

Qu'est-ce?

En bref, c'est le cycle de vie des objets que l'on consomme, de leur fabrication à la destruction. Le site Story of Stuff (dont est issue l'image de cet article) propose une vidéo en anglais qui explique l'ensemble de ce cycle de manière très claire. Pour faire simple, le cycle de consommation comprend cinq étapes:

  • L'extraction des matières premières qui permettent de fabriquer l'objet
  • La fabrication de cet objet
  • La mise en vente/l'achat de cet objet
  • L'utilisation de l'objet
  • La destruction de l'objet (jeter ou recycler)

En tant que consommateurs et consommatrices, nous avons un impact direct sur trois aspects: Acheter, Utiliser, Jeter. En choisissant où, comment et à quelle fréquence nous achetons les objets, nous avons une influence indirecte sur l'extraction et la fabrication. Parmi mes articles sur la simplicité qui seront dédiés aux objets et à l'organisation matérielle (finances, intérieur...), je pense revenir sur l'une ou plusieurs de ces trois actions.

Acheter, Utiliser, Jeter

Pour faire notre part en tant que consommateur, le pouvoir que nous avons réside dans ces trois points clé. Nous pouvons choisir quoi acheter, comment utiliser et de quelle manière jeter. Pour moi, simplifier, c'est non seulement alléger ma vie et dégager du temps et de l'argent pour mes priorités réelles, mais aussi faire ma part dans la société, sur cette planète. Et je pense qu'agir sur ces trois points peut aider les droits de l'homme, l'environnement, la qualité de vie, et le tissu économique local.

Je reviendrai en détail à l'avenir sur des pistes que j'explore moi-même dans mes expérimentations, comme par exemple la réduction des déchets ou la consommation responsable, mais en attendant, voici quelques idées globales sur chacun des trois points.

Acheter

Il est quasi impossible de partir en mode Thoreau et aller se construire une cabane dans les bois en créant nous-mêmes tout ce dont nous avons besoin pour vivre, pas dans la société telle qu'elle est aujourd'hui (et puis, je ne sais pas vous, mais moi, je ne sais pas construire une maison, ni des meubles, ni faire pousser des légumes — mais pour ce dernier élément j'y travaille). Nous sommes donc dans une situation où nous achetons une bonne partie des ingrédients, objets et services que nous utilisons.

Pour moi, simplifier, c'est acheter moins et mieux. Dans notre société actuelle, nous consommons bien plus que nécessaire. J'ai lu récemment qu'un article de vêtement à bas prix dure en moyenne 35 jours et que le budget mensuel de l'Américain moyen en vêtements se situe autour de 200 dollars. A-t-on vraiment besoin d'acheter autant de vêtements? C'est la même chose pour la consommation d'électricité ou d'eau, les livres, films ou autres loisirs que nous préférons, la déco, l'alimentation...

Nous vivons dans une société d'abondance où il est facile d'acheter sans limite et mal vu de se restreindre. Pourtant, ce n'est jamais assez. Réduire sa consommation est donc la base de ma vision de la simplicité. Je dédierai un article entier à la question (pourquoi, comment...) si cela vous intéresse.

Ensuite, consommer mieux. Nous avons un impact indirect sur l'extraction et la production en choisissant des objets qui ont été fabriqués de manière plus éthique et écologique. Chacun ses valeurs : il est impossible de trouver l'objet parfait, mais ce sera plus simple de mieux consommer si vous avez des priorités. Par exemple, les véganes priorisent le bien-être et la non-ingérence avec les animaux. De mon côté, je privilégie le local (économie locale et moins d'empreinte carbone), la fabrication éthique (droits de l'homme) et écologique (impact environnemental des matières premières, de la fabrication et du transport). Je développerai aussi le sujet dans un article dédié si cela vous intéresse.

Enfin, consommer mieux inclut aussi la qualité des objets, qui impacte les autres phases (utiliser et jeter). Un objet de meilleure qualité, même s'il coûte plus cher à l'achat, aura une meilleure durabilité et évitera de jeter un objet cassé pour le remplacer, ce qui consomme de l'argent et des ressources. La qualité passe par les matériaux employés, le savoir-faire du fabricant et des critères personnels qui rendent l'objet adéquat à votre utilisation. Attention, même si la qualité a un coût, le prix n'est pas forcément synonyme de qualité (allez voir un peu la finition des tops à 150€ de chez Zadig et Voltaire pour une preuve par l'exemple).

Utiliser

Pour moi, la simplicité n'est pas forcément de posséder le moins d'objets possible, mais plutôt de les utiliser le plus longtemps possible. Pour éviter de devoir en racheter, et de les jeter. Ce n'est pas aussi facile aujourd'hui que du temps de nos grand-mères, notamment à cause de l'obsolescence programmée, mais il existe des tas de solutions pour augmenter la durée de vie de nos objets.

En quelques mots, c'est là qu'on retrouve la nécessité d'acheter des objets de qualité, et adéquats à vos besoins. Une fois que vous les avez, il s'agit de bien les entretenir pour commencer. Cela prend un peu de temps au départ de se renseigner sur la manière de prendre soin des objets au mieux (j'ai remarqué que ma mère et ma grand-mère sont bien plus calées que moi là-dedans!). Ensuite, privilégier la réparation plutôt que le remplacement, autant que possible (soi-même ou auprès d'un professionnel). Enfin, voir s'il est possible de désigner un nouvel usage à des objets qui ont perdu leur utilité. C'est ce que les anglophones appellent "upcycle" ou "repurpose" (je ferai un article là-dessus). Par exemple, transformer un contenant de bougie terminée en verre à eau, en vase, en pot de fleur ou en boîte à épices.

Jeter

Parfois, nous n'avons plus d'utilité pour les objets que nous possédons. Parce qu'ils sont cassés et irréparables, parce que notre vie a changé et ces objets ne nous apportent plus rien... Le minimalisme traite beaucoup de ces sujets avec le désencombrement, l'épure et autres.

Simplifier, c'est apprendre à se séparer des objets qui nous encombrent le quotidien sans rien nous apporter — même si, passé le désencombrement initial, ces objets devraient être très peu nombreux à s'accumuler dans le temps. Mais c'est aussi apprendre à s'en séparer le mieux possible : diminuer ses déchets quotidiens, donner, vendre ou recycler.

Simplifier le cycle

Voici des thèmes liés à chacun des trois sujets, qui rejoignent la simplicité, le minimalisme et l'environnementalisme. Ce n'est pas exhaustif bien sûr. Mon idée est de partager des articles plus précis sur certains de ces sujets à l'avenir, notamment à travers les articles du mercredi!

Acheter: Consommations alternatives, favoriser le local, le bio et le recyclable. Trouver des commerçants et artisans du coin (la ville, la région, le pays, l'UE), acheter d'occasion. Faire des expérimentations pour prendre conscience de sa manière de consommer et la changer (des diètes d'achat par exemple)

Utiliser: S'entourer de moins d'objets mais qui sont adéquats, qui améliorent la vie et qui apportent des microkifs de bonheur. Les entretenir, les réparer, apprendre à leur donner une nouvelle vie autant que possible.

Jeter: Limiter ses déchets, trouver des manières simples et rapides de vendre ou donner, recycler tout ce qui peut l'être.

Et vous, quelles sont vos valeurs et quelles habitudes adoptez-vous pour simplifier votre cycle de consommation? Si vous avez des sujets précis sur lesquels vous souhaitez que j'écrive à l'avenir, n'hésitez pas à me le dire!

Source de l'image: Story of Stuff